Nos croyances : utiles, puissantes… et parfois piégeuses par F.Dartiguenave


28 janvier 2026

Nous avons tous des croyances : 

  • sur nous (“je ne suis pas à la hauteur”), 

  • sur les autres (“on ne peut compter sur personne”), 

  • sur le monde (“c’est dangereux”), 

  • sur l’avenir (“ça finira mal”). 

Elles ne sont pas fausses mais ce sont des raccourcis que le cerveau utilise pour vite donner du sens, économiser de l’énergie, et nous protéger. Les approches cognitives (TCC) décrivent comment nos pensées automatiques et nos interprétations colorent nos émotions et nos comportements. 

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Le rôle (souvent utile) des croyances

Une croyance sert à prévoir et agir : si je crois que “les remarques = danger”, je me prépare à me défendre ou à éviter. Cette rapidité est adaptative : face à l’incertitude, notre cerveau préfère une explication immédiate plutôt que le flou. Daniel Kahneman a popularisé l’idée que nous alternons entre une pensée rapide, intuitive, et une pensée plus lente, plus analytique, et que la première domine souvent au quotidien. 

 

Quand elles deviennent nuisibles

Les croyances deviennent problématiques quand elles se rigidifient et s’accompagnent de distorsions cognitives (lecture de pensée, catastrophisation, tout ou rien, etc.). Aaron Beck (pionnier de la thérapie cognitive) a montré que ces filtres mentaux peuvent entretenir une vision appauvrie de soi, des autres et de l’avenir.
On parle de nuisance surtout quand il y a un coût : ruminations, évitements, conflits, perte de sommeil, épuisement, isolement, ou sentiment de tourner en rond. L’objectif n’est pas de “penser positif”, mais retrouver de la souplesse et réduire la souffrance.

 

Pourquoi c’est si difficile de « raisonner »

Quand une émotion est intense, le cerveau de la survie prend le relais. Les recherches en neurosciences montrent que certains circuits émotionnels déclenchent des réactions rapides de protection, avant toute analyse. On ressent quelque chose… et on en déduit que c’est forcément vrai : « si je suis anxieux(se), c’est qu’il y a danger ».

Quand une émotion est forte, le cerveau de la survie prend le dessus. Il réagit vite pour nous protéger, avant toute analyse. On ressent alors une émotion… et on la prend pour une preuve : « si je suis anxieux(se), c’est qu’il y a danger ».

 

Comment assouplir ses croyances

  • Repérer le lien entre situation, pensée, émotion et comportement.

  • Nuancer la certitude : « À combien j’y crois vraiment ? »

  • Mettre la pensée à distance : « je remarque que mon esprit me raconte que… »

  • Revenir au corps et au présent pour éviter les réactions automatiques.

Quand les croyances génèrent une souffrance importante, l’aide d’un professionnel formé aux TCC ou à l’ACT peut être précieuse.

par Florence Dartiguenave

À RETENIR

80 à 90 % de nos pensées sont automatiques. Elles apparaissent sans réflexion consciente et influencent directement nos émotions et nos comportements. Les croyances rigides entretiennent le stress et la rumination, tandis que leur assouplissement améliore le bien-être émotionnel et la capacité d’adaptation.