Luigi Alfano: "Rolland vivait le football, il ne l’a jamais quitté”

Monaco, Marseille, Bordeaux… mais aussi et surtout Toulon. Tous les supporters azur et or n’ont pas oublié Rolland Courbis, venu finir sa carrière de joueur au Sporting Club de Toulon avant d’y commencer son parcours d’entraîneur. Une aventure toulonnaise qui a amené le club aux portes de la coupe d’Europe ! Personne n’a oublié, non plus, le tandem Courbis-Alfano qui a constitué une défense centrale des plus redoutées de France. Tant de moments de complicité partagés entre les deux hommes sur et en dehors du terrain. Très ému, Luigi Alfano évoque l’homme, le coach, un sacré personnage, disparu le lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans.


Luigi Alfano (à gauche) et Roland Courbis (à droite)

“Rolland vivait le football, mais vraiment ! Il était capable de m’appeler à deux heures du matin, alors qu’on avait entraînement le lendemain. Il voulait juste parler de football. Je lui disais souvent : Roland, on se voit demain ! Mais le foot ne le quittait jamais. 

 

Un entraîneur précurseur

Il était en avance sur son temps. Déjà à l’époque, il faisait jouer la défense en zone, pas en marquage individuel. Il n’hésitait pas à mettre un droitier à gauche, un gaucher à droite. Des choses qui sont devenues courantes aujourd’hui. Même quand il était joueur, on voyait qu’il avait déjà une vision d’entraîneur, qu’il était fait pour ça. 

 

Le charisme à l’état pur

C’était un mec énorme. Ses causeries étaient extraordinaires. Il imposait le respect naturellement. Il était charismatique, imposant, avec un caractère fort. À l’époque, surtout chez les défenseurs, on n’était pas tendres, mais lui savait fédérer tout le monde. C’était un homme de caractère, parfois sulfureux, mais profondément humain. Il avait ce côté “pagnolesque”, très marseillais. C’était un bon vivant, un chambreur, un homme fidèle en amitié. Un vrai personnage de football, comme on en fait peu aujourd’hui. 

 

Des liens indéfectibles avec Toulon

Il est toujours resté attaché au Sporting. Il prenait régulièrement des nouvelles du club. Cet été encore, il était là, invité à une soirée des anciens que j’organisais en tant que président de l’association. Il n’a jamais oublié d’où il venait. Il a marqué Toulon, Marseille, le football français. C’était une grande gueule, un sanguin, très superstitieux aussi, mais surtout quelqu’un de vrai. Quand j’ai appris sa disparition, je n’y croyais pas. Il est parti trop vite. 72 ans, ce n’est pas vieux. On ne peut pas l’oublier. Mon dernier souvenir avec lui était un repas chez moi. Il voulait des chipolatas, un whisky-Perrier, il plaisantait, il riait. Même s’il n’était déjà pas très bien, c’était toujours Rolland. 

“Salut l’ami ! Aujourd'hui tu nous manques. Mais tu resteras à jamais gravé dans l’histoire du Sporting et dans nos cœurs.”

Parmi les nombreux hommages toulonnais, celui d’Yves Mérens. Ex-journaliste à Var Matin, il a suivi les heures de gloire du Sporting Club de Toulon dans les années 80/90. Devenu très proche de Rolland Courbis, ami, confident, il nous a adressé une lettre-hommage que nous avons décidé de mettre en ligne in-extenso. Très chagriné par ce décès, il évoque ses souvenirs et nous dévoile la face cachée de celui qu’on avait surnommé “Le sorcier”, capable de porter le SCT sur des sommets que le club n’a jamais réussi à retrouver. Retrouvez cette lettre pleine d’émotion, sur Varinfos.fr